L’œuvre
des Liaisons
dangereuses à
donné lieu à de nombreuses adaptations tant au cinéma qu’au
théâtre. Le roman épistolaire nous donne accès à différends
points de vue d’une même scène. Ce type de roman relève d’un
pari audacieux à adapter. L’une des principales difficultés
réside dans la réécriture d’un format épistolaire à celui
continu d’un film. Nous nous demandions comment ses réalisateurs
pouvaient retranscrire l'histoire, l'évolution des personnages et
leurs sentiments issus d'un format sur un écran. La ressemblance du
roman à une pièce de théâtre a permis une transition entre le
papier et la caméra.
En
effet nous avons remarqué que ce roman épistolaire ressemblait
assez à une tragédie ou du moins pouvait également se rapporter au
drame romantique. Dans le roman, la narration est fragmenté et non
linéaire (bien qu'elle suit une certaine forme chronologique). Dans
un film, les plans qui se suivent ne sont pas forcément linéaires
ou continus, la narration peut être fragmentée. Nous avons comparé
chaque adaptation par rapport au roman, pour juger leur degré de
fidélité et similitude. Cette étude, nous a permis de constater la
relativité de la notion de fidélité lors d'une réadaptation d'une
œuvre. Plus que de recopier et suivre le roman, les trois
réalisateurs ont cherché à retranscrire leur lecture personnelle
du roman. Leurs adaptations et beaucoup plus sensibles à
l'authenticité ou au message final qu'ils souhaitaient transmettre.
Chacune des adaptations met en avant un aspect particulier du roman
de Laclos. Valmont de
Forman se passe à la bonne époque, l’intrigue se concentre
essentiellement sur le personnage de Valmont, mettant plus en retrait
la marquise de Merteuil, et Forman prend beaucoup de libertés par
rapport au roman. Dans l'adaptation de Frears -l'une des plus fidèles
à l'œuvre originelle, les costumes, les décors, le mobilier,
donnent une impression d'une grandeur décadente. Bien que quelques
modifications aient été apportées, on retrouve très bien l'esprit
et l'atmosphère dégagés par le roman. L’adaptation de Vadim
replace Les Liaisons
dangereuses dans
un nouveau cadre, beaucoup plus contemporain que les deux autres
œuvres "le Paris des années 1960". Même en changeant de
cadre, on retrouve très bien l’ambiance mondaine du roman de
Laclos ; néanmoins, ce choix implique certaines acclimatations et
rompent avec l’œuvre d’origine. Ici, Merteuil
et Valmont sont mariés, ce choix est expliqué et défendu par
le réalisateur, mais modifie quelque peu l’intrigue. Ce film
modernisé avec son changement d'époque, garde néanmoins ce qui
fait la force du livre, une pression sociale, des vaines mondanités,
l'importance de la manipulation et la cruauté présente derrière
les masques de chacun.
Ce
TPE nous a permis de constater des similitudes entre deux arts
pourtant semblant opposés. Nous pouvons dire désormais que la
littérature et le cinéma sont des arts plus proches qu'il n'y
paraît, travaillant ensemble et se complétant. Ce n'est donc pas
invraisemblable de constater les nombreuses adaptations filmiques du
roman et de manière générale, les nombreuses adaptations sur grand
écran de roman chaque années. Ce roman célèbre était un
véritable et passionnant "défi" à accomplir pour les
réalisateurs. Chacune des adaptations est une appropriation
personnelle du roman, mais toutes ont sut conserver l'enjeu et
l'atmosphère du roman même si cela à nuances différentes.
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